Exposition Nathanaëlle Herbelin , être ici est une splendeur au musée d’Orsay

Cette exposition est dédiée à l’œuvre de Nathanaëlle Herbelin, une artiste francophone contemporaine aux diverses sources d’inspirations. Les deux salles qui lui sont consacrées au musée d’Orsay nous présentent une série de toiles d’intérieur révélant l’intimité du quotidien. La scénographie met en place un dialogue cohérent avec les œuvres des peintres Nabis d’Orsay du XIXe siècle tel que Pierre Bonnard ou Edouard Vuillard. Elle met en lumière cette filiation dans l’usage de la couleur pure avec harmonie,  dans la touche également ou les compositions complexes d’intérieurs aux différents points de vue sans donner l’impression de simple copie des maitres tant son œuvre est singulière.

L’œuvre de Nathanaëlle Herbelin modernise les scènes de genre en intérieur, thème commun aux nabis. Herbelin traite et renouvelle les scènes de bain, l’intimité du couple ou le nu féminin en évoquant des préoccupations contemporaines. Elle introduit ainsi l’électronique dans ses compositions, remet en question la vision classique du couple et pose un regard nouveau sur le sujet du nu féminin.

Ce dernier thème se voit revisité, le nu féminin est très présent dans cette exposition et prend en compte la question de la pilosité, de la maternité mais aussi du plaisir féminin. le regard novateur de l’artiste contraste et répond aux toiles des Nabis aux effets « trou de serrure » et aux aspects presque voyeuriste du regard masculin sur les modèles féminins.

Nathanaëlle Herbelin , être ici est une splendeur, 2022, collection particulière

La toile coup de cœur de cette exposition lui donnant son nom d’ailleurs : être ici est une splendeur , une scène de bain. Thème classique en peinture, elle se déploie dans une salle de bain aux harmonies de bleu. Une source lumineuse centrale géométrique met en avant le corps féminin, rayonnant au centre de la composition. Un jeu de miroir permet de multiplier les point de vue et d’accentuer l’intimité de la scène. Il nous confronte au regard du modèle, droit vers le spectateur et presque provocateur, consciente de sa nudité. Ce tableau est mis en lien par la scénographie avec le fameux nu accroupis au tub de Bonnard (1918), révélant ainsi d’avantage la différence de traitement de ce thème du nu féminin au bain, modernisé par Nathanaëlle Herbelin.

Pierre bonnard, Nu accroupis au tub, 1918, musée d’Orsay