Au centre Pompidou jusqu’au 30 juin 2025 découvrez l’exposition “ Paris Noir, circulations artistiques et luttes anticoloniales, 1950-2000”

Le parcours thématique de cette exposition nous propose de découvrir plus de 150 artistes Africains, Afro-américains et caraïbéens de la seconde moitié du XXème siècle. Elle rassemble des artistes résolument modernes, mais invisibilisés, qui ont pourtant participés entre autres aux mouvements surréaliste et abstrait.

Le contexte historique et social est mis en place au début de l’exposition : En 1947, la maison d’édition Présence Africaine fondée à Paris par le sénégalais Alioune Diop met en avant une culture propre aux diasporas Africaines. S’en suit le discours sur le colonialisme de Aimé Césaire de 1950 et le premier congrès des artistes et écrivains noirs à la sorbonne en 1966. Ces évènements clés ont permis d’ouvrir le débat sur la condition noire, l’affirmation de leur culture par l’art et l’importance de la reconnaissance.

Une section très intéressante est d’ailleurs dédiée aux mouvements d’émancipations et aux luttes anticoloniales dans le contexte de mai 68. On y découvre l’histoire des évènements contestataires en Guadeloupe et aux Caraïbes : les artistes dénoncent l’oppression blanche et revendiquent l’indépendance.

Ex: José Legrand (1955- aujourd’hui) , Sans titre, 1975, Cayenne.

Réalisée d’après une image de Paris Match reproduite en peinture à l’huile, ce diptyque au message révolutionnaire souligne la violence de la révolte et l’urgence d’être écouté. Un mouvement qui fait écho au contexte actuel en Outre-mer : des populations qui se sentent encore délaissées par la France, subissant la vie chère et le manque d’accès à l’eau, et qui ne demandent qu’a être écouté.

La figuration à une place importante dans cette exposition également, elle permet par le portrait et l’autoportrait de figures noires jusqu’ alors invisible dans l’histoire de l’art, ou tributaires d’un œil européens et de préjugés raciaux.

L’Artiste Togolais Paul Ahyi, par sa représentation récurrente de femmes noires, met à l’honneur sa culture et son héritage : il souhaite corriger des images déformées de la femme noire, dans une perspective évidemment politique.

Ex: Paul Ahyi, jeune femme, 1960

« Exprimer la femme noire dans sa vérité originelle est un besoin. Il sagit d’établir une équité, en traduisant dans la matière les sentiments réels qui nous animent  »
— Paul Ahyi

Pour voir d’avantages de portraits qui nous ont touchés dans cette exposition, rendez vous sur notre Instagram :)

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