François Chifflart, L’insoumis à la maison Victor Hugo jusqu’au 23 mars 2025
Cette exposition monographique est dédiée à l’artiste Francois Chifflart, aquafortiste du XIXème siècle. La maison Victor Hugo rend hommage à son œuvre singulière en noir et blanc. Graveur méconnu de son temps, il a pourtant vivement participé au renouveau de la gravure au XIXème à défaut de briller dans la peinture d’histoire. L’artiste, membre de la société des aquafortistes, a vécu de ses eau-forte, de dessins de presse et d’illustrations. Connu pour son esprit libre imprégné de romantisme, l’accrochage nous révèle une personnalité artistique unique.
Cette courte exposition chronologique nous transporte au cœur de sa carrière agitée : de ses débuts dans la peinture d’histoire, son apprentissage académique dans l’atelier du maitre Léon Cogniet, son passage à l’académie de France à Rome mais surtout son détachement des instances officielles qui ne convient pas à sa personnalité excentrique et ses nouvelles ambitions.
Une section très intéressante est consacrée à la découverte de l’eau-forte par l’artiste dans les années 1860 qui signe ses débuts dans l’illustrations de presse. L’eau forte, gravure sur cuivre, devient son refuge artistique.
Pour citer Chifflart lui meme : “ Les eaux fortes sont des images d’interrogations intérieur d’un moment plus ou moins triste ou gai”
Il est important de nuancer sur sa carrière : ce maitre du noir et blanc n’était pas si incompris que l’on puisse croire , il fut admiré dans les cercles d’amateurs modernes mais aussi par certains critiques comme Baudelaire et Théophile Gauthier, défenseurs du romantisme et du médium de la gravure.
Francois Chifflart, Persée, eau forte, 1865
Un accent cohérent avec le lieu d’exposition est mis sur un tournant de sa vie : sa rencontre avec Victor Hugo. Ecrivain qu’il admirait et pour qui il réalise des illustrations dès 1867 : notamment de ses œuvres les travailleurs de la mer ou Notre dame de Paris : ces commandes changent sa trajectoire artistique, il se consacre à l’illustration.
Coup de cœur pour les plus de 70 gravures d’illustrations des travailleurs de la mer : Chifflart arrive à retranscrire à la fois l’histoire du roman de Hugo par des scènes anecdotiques mais aussi toute son atmosphère dramatique et la puissance lyrique de l’écrit du poète.
Le timonier ivre et le capitaine sobre, 1867, dessin sur bois*
L’attaque de Notre dame , 1876, eau-forte
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